Chacun sa route.
Seul...je voulais, je le suis, et les débuts de sont pas de tout repos. Je me retourne une dernière fois pour saluer Claudine et Eric, je ne sais pas s’ils me voient, occupés qu'ils sont à sortir du bord de la rivière.
Si je veux être à l'heure au rendez-vous à Harkorin (prononcer harkorine) avec Luc le mardi 18 Juin, Je ne dois pas trop traîner. Voilas deux jours que je regarde la carte et les trois jours qui me restent ne sont pas de trop.
Je dois tailler la route. C'est une grande plaine sans aucun abri. le vent contraire, le soleil et la piste en tôle ondulée ont décidé de se liguer pour me freiner dans ma course contre le temps.
20 kilomètres et pas âme qui vive. Les massifs peu élevés qui bordent cette plaine semblent retenir la chaleur et conditionner le vent. Une veille carcasse de camion calcinée ! Je stoppe.
Allongé à l'ombre de la carcasse je me repose, quelques instants plus tard, une vieille traban s'approche et s'arrête. C'est ma première rencontre seul. Deux hommes en sortent. Je range discrètement GPS et appareil photo numérique. Inutile de provoquer la tentation.
Ils me regardent un peu surpris et font le tour de l'épave à la recherche de quelques babioles à récupérer puis s'intéressent davantage à moi, nous discutons de la direction que je dois prendre.
Ensuite ils m'offres une bouteille de boisson gazeuse et attende que je la vide pour récupérer le verre (sans consigné). Et repartent vers …nul part.
Et voilas, ma première rencontre est plutôt positive et de bonne augure, la voiture s'éloigne et je remonte sur ma monture. Quelques kilomètres, je m'arrête pour prendre des photos d'un troupeau de chevaux dans cette magnifique vallée, le berger s'approche et me demande cigarettes et aussi de le prendre en photo. Cela peut sembler un peu puéril, mais à cet instant je m'imagine facilement dans un western, tous les éléments sont là pour le rappeler.
Il est 19h30, dans toute cet après-midi, dans cette gigantesque vallée, je n'ai croisé que trois voitures et une moto. J'ai pédalé sous un soleil un peu ardu et je suis claqué, le village de BURGHAYE est en vue. Je décide de planter quelques kilomètres avant le bled mais je ne suis pas dupe, ma présence à été remarqué, d'ailleurs une moto tournera quelques temps après mon arrivée. Je m'installe à l'abri des regards, dans le fond d'un petit plissement de terrain. Ce sont mes premières soirées et nuits seul. Je suis à moitié tranquille...
40 Km depuis la séparation d'avec Claudine et Eric, soleil, vent, tôle ondulée, je suis cassé.
Je soigne quelques bobos (frottements des chaussures) et avale deux paquets de pâtes.
Je déciderai demain si je gagne HARKORIN en vélo ou en véhicule, le temps est compté pour le RDV.
Compteur jour : 60 kilomètres
Compteur total: 316 kilomètres
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