un voyage en Mongolie - VTT - 2002
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Dimanche 16 Juin:

Trésors archéologiques... (A Robert)

Une fois n'est pas coutume, j'écris dans la journée. Il est midi, le soleil tape fort et je suis à l'abri, à l’ombre de mon vélo.
J'ai étendu une couverture de survie épaisse sur le cadre de mon vélo positionné perpendiculairement au rayonnement du soleil, j'ai la tête sous les sacoches et le reste du corps à l'ombre de la bâche, j'appliquerai souvent cette méthode durant mon périple.

Mais revenons à cette journée.
Finalement j'ai plutôt bien dormi, mes inquiétudes n'ont pas tenu face à la fatigue.
Après un bon petit dèj., Je gagne le village, il est coincé dans un cirque de massifs, c'est plutôt joli mais c'est dimanche et il y a peu de monde. Je me dirige vers un pont au centre du village. J'ai besoin d'eau, un groupe d'enfants s'approche en riant, ils ont entre 10 et 15 ans, nous tentons d'échanger quelques mots d'anglais mais je ne suis pas encore habitué, jusqu'à présent je laissais cette tâche à Claudine mais maintenant je suis seul et bien obligé de m'y mettre.
Après quelques phrases je leur demande où trouver de l'eau. Et bien là, sous mes pieds, plus exactement entre les deux planches. moouuwwwhhhaiii ! Bof ! mais je n'ai pas le choix. Aidé des jeunes, je fais le plein et repars.

Pour sortir du village on m'indique une piste qui grimpe assez raide. Et c'est raide, je finis à côté du vélo, même en poussant c'est raide, mais heureusement pas très long.
Je débouche dans une petite vallée où la piste est parfaitement roulante, le vent me pousse et je file à vive allure. Au centre du vallon coule un petit ruisseau, malgré mon retard je marque un arrêt d'une bonne heure. Voilà quatre jours que je ne me suis pas lavé et j'ai besoin d'un bon récurage. C'est le bonheur, je suis là, pépère, pas de bruit, de l'eau fraîche à volonté et la douce chaleur du soleil pour me sécher.
La fin de la matinée est une suite de sauts de puce, de vallon en vallon sur une piste extra roulante, un vrai bonheur de pédaleur. Non stop de pédalage pendant 20/22 km vent dans le dos. Et je suis là, à griffonner mes notes, sous mon carré d'ombre.

Suite de la journée: je reprends ma route. A partir de maintenant le GPS va bien m'aider. Je cherche une piste qui pique à l'ouest et elle n'est pas sur ma carte, je l'ai ajoutée au crayon d'après celle d'Eric. Si l’a trouve j'évite un détour de 40 km. Autour de moi c'est le vide, depuis ce matin je n'ai pas croisé un seul véhicule, pas un chat à 20 kilomètres à la ronde.

J'ai trouvé la bifurcation, je roule depuis 50 km , c'est la fournaise et en plus le vent est tombé. Je suis plombé, je fais une pause en construisant mon abri de fortune et je m'endors...quelle chance de pouvoir s'assoupir à même le sol. Quelque temps après je suis réveillé pas le bruit d'un moteur, c'est mon premier véhicule depuis ce matin (et ce sera le seul de la journée). Il s'arrête, nous discutons un moment, ils m'offrent de l'eau, des bonbons et m'indiquent la direction du village HADASAN.
Je suis à 10 kilomètres, c'est cool, malgré le soleil j'enfourche et fonce. Surprise ???
en guise de village je trouve qu’un pont et une yourte et seulement un pont et une yourte ???? je vérifie sur ma carte, fait un point GPS, oui je suis bien là....mais pas de village ???
Moi qui comptais trouver un véhicule ....

Mais qui dit pont dit aussi rivière, et qui dit rivière dit eau. Quel bonheur, je me hâte vers le bord et me baigne, après cette journée de chaleur intense c'est un régal. Je lave le reste de mes affaires et fait quelques brasses dans une peu profonde mais bien fraîche. Un Mongole s'est approché et assis sur la pelouse de la berge à côté de mon vélo il m'encourage et sourit de mon bonheur.
Il m'invite ensuite dans sa yourte et bientôt c'est le défilé, 15 personnes viennent voir la bête égaré dans la steppe, je sors mon phrase-book, ma carte et mon petit carnet de photos. L'homme qui m'accueille a le même âge que moi, 41 ans. Il semble très impressionné par mon voyage. Sa femme m'offre des petits pains sucrés, du fromage, du thé et un délicieux et rafraîchissant yaourt maison. Mais je ne suis pas au bout de mes surprises.
De derrière un meuble il sort un morceau de tissu, il le déroule et je n'en crois pas mes yeux.
Devant moi il étale de vrais trésors, pointes de flèche, pierres taillées, anciennes pièces de monnaie, médailles, bijoux... c'est incroyable. Il veut m'offrir une pièce de monnaie mais je refuse. c'est trop. Il cachera sa précieuse collection juste avant l'arrivée de deux archéologues. Je ne comprends pas leur conversation, mais il semble qu'ils veulent quelques informations et que me hôte n'est pas vraiment disposé à les aider. Bref ces deux visiteurs parlent anglais et la mauvaise nouvelle arrive en même temps qu'eux. Ce pont est un cul de sac !!! Gasp !

Je ne trouverai personne ici pour me déposer à HARKORIN. deux solutions s'offrent à moi
- Prendre la piste après le pont, rouler 11 Km jusqu'à trouver la bifurcation et la bonne piste qui va vers la droite et vers mon RDV, mais pas de village avant un bon moment.
- Prendre toujours la piste après le pont mais à la bifurcation, au lieu de suivre la bonne piste qui va à droite, choisir la gauche et gagner le village de DASHICHILIEN à 16 km.
Je décide d’aller jusqu'à la bifurcation et d’aviser sur place.
« Kilomètriquement » parlant ce n'est pas la mer à boire, mais au bout de 11 Km je suis vanné, la piste est horrible, de la tôle ondulée ou du sable mou tout du long, c'est exténuant...heureusement je suis en forme et j'ai le moral.
Finalement je décide de gagner le village, mais la piste est toujours aussi pénible, je termine les 6 derniers kilomètres avec beaucoup de mal.
Arrivé au village je cherche un lieu pour dormir, le coin est un peu tristounet, le vent souffle et soulève des volutes de poussière, je tourne au milieu de baraques pour trouver enfin un petit bonhomme près à m’aider. Après une bonne demi-heure pour trouver la clef il m'ouvre ce qui semble être une mairie, quelques vieux ordinateurs antédiluviens et d'antiques émetteurs de radio sommeillent définitivement sur des bureaux de pur style soviétiques, un vieux plancher craquant, des portes qui grincent, bref ! Ambiance.
Je suis dans un chambre avec quatre lits, j'ai de l'électricité pour recharger mes piles, de l'eau dans un broc et même une bouilloire électrique, j'ai pu faire quelques courses et en ce moment une nana me masse les fesses, c'est pas le bonheur ça ?
Pour la nana, c'est des conneries, mais il y en a bien une dans la chambre, cela fait un quart d'heure quelle fouille dans le lexique un truc à me dire. Elle a un beau chapeau blanc et fait en permanence claquer son chewing-gum, elle est là et je ne sais pas ce quelle veut.

Bilan de la journée, j'ai parcouru 67 Km, rencontré mes premières pistes en tôle ondulée, vu des trésors, cuit au soleil, mangé du yaourt de lait de jument mais je ne suis pas trop cassé, les différentes haltes y sont sûrement pour quelque chose.

Compteur jour : 67 kilomètres
Compteur total: 383 kilomètres

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