Luc roule...vite...très vite !
Ce matin, j'ai très envie de rouler, il est 8h00 et je suis debout, le ciel est légèrement couvert une brise d'est souffle. Luc a plein de trucs à faire; visiter le temple, banque, courses.. on n'est pas parti !!!
Luc vaque à ses occupations, pendant ce temps je sors les vélos et les bagages. Les mongols avec qui j'ai sympathisé la veille m'offrent de la pastèque, huuummm, c'est bon la pastèque...Il m'invitent sous leur yourte et nous devisons sur nos pays respectifs.
10h30, Luc est de retour, 11h00 départ il fait déjà chaud, nous traversons la ville pour gagner la route de Tsesterleg, vers l'ouest, nous avons le vent dans le dos et la piste est en revêtement plus travaillé, elle est bien dure et nous filons comme jamais je n'ai roulé jusqu'à présent. C'est incroyable et grisant.
D'entrée de jeu, Luc pédale très fort et il me distance très vite, 4 km...5km...6km d'avance. Nous roulons 20 kilomètres à toute allure, 28/30 km heure et sans jamais vraiment forcer, c'est du délire sur de la piste, et chargés de 45 kg de sacoches et autre. Je vois à peine Luc dans le lointain. Son passage a alerté des chiens (certainement le sifflement dû à la pénétration dans l'air...elles ont du flipper les pauvres bêtes) d'une yourte installée le long de la piste et ils me prennent en chasse. Je ne peux pas pédaler plus vite qu'eux donc je stoppe et leur fais face en balançant des cailloux, ils s'enfuient, c'est décidé maintenant je vais prendre des caillasses dans ma sacoche de guidon. Plus loin ce sont des enfants qui se baissent pour ramasser des pierres avant mon passage, en approchant d'eux je prends un air menaçant et la montre du doigt. Plusieurs mains s'ouvrent pour laisser tomber le projectile, je passe devant eux en les fixant dans les yeux, mais à peine ai-je détourné mon regard qu'une pierre vient rebondir sur la piste à côté de moi. Ni une ni deux, j’écrase la poignée de freins, pose le vélo et fonce vers eux. Un seul enfant s'enfuit, je le prends en chasse dans la steppe, il fonce vers des yourtes, je cours en gueulant comme un furieux. Il disparaît dans une yourte. Je pense qu'il a compris qu'un cycliste n'est pas une cible (pour info j'apprendrai à mon retour sur UB que mes amis au même endroit on reçu des cailloux projetés par des enfants...c’est comme cela la vie d’un cycliste, il l’accepter)
Nous arrivons en vue d'Höton en fin de matinée, Luc a des problèmes avec ses sacoches espagnoles. Une mauvaise bosse l’une d’elle a frottée sur les rayons, une déchirure apparaît. Ce n'est pas bon signe pour la suite de son périple. Je suis content d'avoir investi dans des Otleibs.
Nous trouvons une échoppe pour nous ravitailler, mais le bled n'est pas accueillant. Un jeune n'arrête pas de nous suivre en vélo et nous réclamant du fric ou pour boire dans la bouteille de soda, lorsque que nous nous apprêtons à nous arrêter vers une maison en ruine, il nous demande de quitter les lieux prétextant que celle-ci est hantée nous finissons par le larguer sous ses insultes. Nous nous posons dans la steppe, à l’écart du village, pour manger Un chien, pour une fois sympa, vient nous tenir compagnie. Une bonne sieste à l'ombre du vélo mais je sens que Luc a très envie de repartir, visiblement il ne souffre pas trop de la chaleur.
En regardant la carte nous nous apercevons qu'il est possible de quitter le piste principale et de couper par un massif. Nous nous lançons mais dès le départ ça grimpe, heureusement pas très longtemps. Arrivé en haut, la vue est splendide et la suite de la piste aussi. C'est une suite de petits vallons, le pays de ces détestables télétubbis, tout en rondeurs et douceurs, la piste est très roulante et nous ne croisons aucun véhicule. Luc est vraiment très rapide et parfois je ne le vois même plus, je n'essaye pas de suivre son train et je grimpe tranquillement les bosses, sans jamais être essoufflé, hors de question de perdre mon rythme.
Nous avons rejoint une piste plus importante et le trafic s'intensifie, c'est à dire trois véhicules par heure. Maintenant de nombreux chantiers bordent cette piste en travaux. Ce n'est pas terrible pour rouler, mais le chantier est impressionnant, tant mieux pour les mongols, tant pis pour nous.
Finalement nous nous posons après 70 Km en 4h30 de pédalage. gasp.... si c'est tous les jours comme ça, je vais sûrement être rapatrié en avion sanitaire. Je suis un peu déçu de cette première journée avec Luc, je n'avais pas imaginé notre escapade à deux dans ces conditions, lui loin devant et moi derrière tentant vainement de le rattraper. Je commence déjà à penser reprendre ma liberté et mon petit rythme pépère. Et nous avons déjà un jour d'avance sur notre programme.
Compteur jour : 70 kilomètres
Compteur total: 545 kilomètres
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