Vent de poussière, pluie, soleil et lasagnes.
Go to TSETSERLEG après une nuit un peu perturbée par une horde de chevaux bruyants. Nous nous levons sous une pluie fine. Luc ne mange pas grand chose et comme un père de famille que je suis je lui fais une leçon de morale sur l'importance d'un bon repas, wwhhoouuaii c'est idéal pour souder une amitié durable, ce genre de conversation, bref pliage du matériel, c'est un peu plus long que d'habitude car maintenant il y a deux fois plus de bordel et enfin nous retrouvons la piste de granulat en travaux que nous avions quittée la veille.
A peine avons nous posé la roue sur la piste qu’en un coup de pédale Luc est déjà à trois kilomètres de moi. Nous débouchons dans la grande vallée de TSETSERLEG, une rivière ondule et sa rive est bordée par un ruban de verdure. Notre première halte se fait dans le village de Tsenher ou nous nous mettons en quête d'eau. L'homme que nous abordons nous emmène chez lui pour nous offrir non seulement ce que nous cherchons mais aussi gâteaux, thé et fromage.
Dans le centre du village nous achetons jus de fruits et petits gâteaux et ensuite nous allons nous poser à l'ombre de grands arbres sur l'herbe, quelques chèvres et moutons paissent. Nous avons l'impression d'être dans un grand parc de chez nous où la pelouse vient d'être tondue. Le coin est très agréable. (Quand je retrouverai Eric et Claudine j'apprendrais que eux aussi sont passés ici et qu'ils y ont même passé la nuit).
Nous repartons de ce coin bucolique une heure après, pour attaquer les 30 kilomètres de vallée plate qui nous sépare de Tseserleg. Nous pensons que tout cela se fera en deux trois tours de pédales, mais c'est sans compter sur les éléments. Nous passons le pont qui franchi la rivière et brusquement le vent tourne et nous prend de face. La piste qui était plutôt agréable devient une vraie galère, caillasses, tôle ondulée, heureusement des pistes sauvages ont été dessinées par les véhicules tellement cette route en granulat est horrible. Mais le vent souffle fort pousse vers nous un gros nuage de poussière qui nous enveloppe complètement. La pluie commence à tomber et de gros cumulus se sont formés. Le spectacle est grandiose: les lambeaux de pluie sur cette vallée verdoyante, les taches blanches des yourtes, les troupeaux de bêtes disséminées et les couleurs sur les chaînes de montagnes que enclavent cette vallée sont splendides. Magique!
Luc cavale en tête, je n'arrive pas à reprendre la distance qui nous sépare et je le retrouverais que plus tard à l'entrée de TSETSERLEG. A 34 kilomètres je roule brusquement sur une route bitumée mais le vent n'est pas tombé et c'est épuisant. Une côte monte vers un portique qui indique l'entrée de la ville. Rouler sur ces grandes plaques de bitume/ciment est moyennement agréable tous les cinq mètres il faut passer la jonction et parfois elle est large, c'est plus pratique de rouler sur le bas côté.
Vers 15 h nous arrivons. Nous avons parcouru 53 kilomètres mais nous avons l'impression d'en avoir fait le double. Nous nous mettons à la recherche d'un resto tenu par des Anglais signalé dans le guide. Mais nous tournons un peu, le Lonely planet s'est à la fois trompé dans le nom et dans le positionnement sur la carte. Nous sommes en train de deviser sur le sujet quand de derrière nous, sortent d'une maison un couple de rouquins bien blancs pour des autochtones, nous étions devant ce fameux resto sans le savoir ?? Nous nous installons et commandons des lasagnes, et oui des lasagnes, et quel régal après cette journée. Quelques pâtisseries plus loin et mon premier vrai café depuis 10 jours nous recherchons un hôtel. La ville ressemble à une station de Montagne, les massifs environnants sont couverts de mélèzes. La récente pluie fait briller les feuilles des arbres dans les "parcs". C'est plutôt sympathique.
Nous trouvons un hôtel de pur style soviétique. Un grand hall froid décoré d'une grande fresque, de miroirs et d'un vieux tapis usé par les années et le manque de nettoyage nous mettent tout de suite dans l'ambiance. La jeune fille à l'accueil fait un peu la grimace en voyant les vélos mais nous propose une grande chambre, c'est le luxe...les chiotarres ne fonctionne plus que grâce au remplissage par un broc d'eau, la baignoire est là pour le décor. Elle vient rapidement nous demander de payer et nous devons sortir 3500 T par personne (3€50), trop cher. Elle nous trouve juste en face une piaule de 4 lits pour 1500 T (1€5) par personne. Les sanitaires sont au fond du couloir et c'est à peine descriptible. Et d'ailleurs je ne vais pas le faire, si vous voulez le savoir allez là-bas, je fais quand même une toilette de chat au milieu des gravats et du reste.
Luc doit faire recoudre ses sacoches. Notre hôtesse se propose de le faire. Nous allons faire un tour à la poste et envoyer des Mails, ensuite direction le marché où nous déambulons dans les étals, les gens sont sympathiques et souriants. Ce soir-là nous dînerons dans le restaurant d'un autre grand hôtel et ensuite nous irons faire une ballade sur les hauteurs de la ville. Nous admirons le paysage au pied d'un temple un peu en ruine et gardé par un chien plutôt hargneux. Sur la falaise qui nous surplombe une grande fresque est peinte. Ce coin est vraiment très sympa, c'est presque dommage de n'y rester qu'une demi journée.
Compteur jour : 53 kilomètres
Compteur total: 598 kilomètres
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