un voyage en Mongolie - VTT - 2002
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EN ROUTE ...> Avec Luc
samedi 22 Juin:

Objectif du jour…110 kilomètres.

Encore une nuit reposante. Luc n'est pas un lève tôt et pourtant l'objectif du jour est plutôt ambitieux, rejoindre TARIAT en un seul jour, soit 110 km de piste. La carte n'indique pas de difficulté insurmontable, maintenant reste à savoir si les bonhommes tiendront, la piste pas trop cassante et le vent complice.

Nous commençons par une grande vallée, nous nous arrêtons vers un baraquement pour faire le plein d'eau mais la patronne est plutôt maligne et intéressée. Ses produits sont hors de prix (à l'échelle du pays bien sûr). Elle accepte de me remplir une vache à eau de 2 litres, je l’a suit derrière la maison, elle utilise un grand bidon rouillé pour stocker ses réserves, finalement je n'obtiens qu'un litre sur deux et en prime une tronche de six pieds de long. A notre retour, lorsque Luc veut faire le plein elle affirme ne plus en avoir, menteuse, sa réserve est pleine mais, par contre, ses bouteilles d'eau minérale sont à vendre.
Nous repartons et je finirais par faire le plein quelques kilomètres plus loin. Luc est plus loin devant et visiblement il n'a toujours pas trouvé d'eau. La piste n'est pas très agréable, c'est toujours ce fameux granulat de cailloux et il est plus facile de rouler sur les pistes parallèles. Nous parcourons 50 Km, au bord de ces pistes en travaux, l'accueil est moyen et plutôt intéressé, de nombreuses cabanes sont en construction. Je ne vois pratiquement pas Luc pendant cette matinée il est devant ou derrière, je n'en sais rien...Je fais une pause en haut d’une petite bosse, rapidement un cavalier s'approche et me propose de faire du cheval. Cette proposition est maintenant courante.

Luc arrive il était derrière, ah bon ???? il fait aussi un tour de cheval, c'est une première pour lui. Nous traversons à présent une vallée superbe, forêt de mélèzes, nombreuses yourtes, troupeaux de yacks, chevaux en liberté, moutons et chèvres, cavaliers, carrioles en bois, c'est un vrai décor de carte postale.

Malheureusement les chiens aussi sont présents et s'organisent à deux ou trois pour se faire un bon mollet de cycliste. S'arrêter, prendre des cailloux et ils détalent, facile….

14 heures, nous faisons une pause bouffe et une petite sieste à l’ombre de poteaux télégraphiques, nous en sommes à 70 kilomètres parcourus mais je commence à accuser le coup. C'est reparti, la piste est vraiment chiante, je croise des motards Autrichiens eux non plus n'aiment pas rouler sur ce genre de revêtement.

17 heures, nous nous sommes arrêtés près d'un gigantesque canyon qui balafre la vallée, 50 à 60 mètres de haut, au fond coule la rivière, le coin est surprenant et beau. Mais je suis vraiment cassé. Nous décidons de continuer séparément, Luc se sent en forme pour atteindre l'objectif, moi je suis plus nuancé. Nous décidons de nous retrouver sur le bord du lac de TARIAT. Je continue seul encore quelques kilomètres mais je suis trop vanné, il reste encore 37 kilomètres avant d'arriver et la piste est vraiment dure. Je décide de me reposer, voir de planter dans le coin.

Je me repose une heure et demie, la vallée est très large et les sommets à l'ouest ont piégé un orage qui gronde de ne pouvoir arroser la steppe. Je récupère, grignote un peu et repars. Soudain une Jeep de luxe me double et s'arrête un plus loin dans un nuage de poussière. Un grand type en sort et me mitraille avec un appareil photo doté d'un objectif plus grand que mon bras. C'est un sympathique franco-américain en voyage, il me promet de m'envoyer les clichés (à ce jour je n’ai toujours rien reçu mais je ne désespère pas, il a répondu à mes Mails et s'occupe de mon cas quand il aura fini de développer ses 400 péloches ...) il repart comme il est arrivé. Je reste un peu sur le cul.

Le ciel se couvre et bientôt je suis sous un orage, le vent la pluie, ce n’est pas le top mais je continue à rouler, c'est ma première vraie rincée mais ma veste en Gortex joue parfaitement son rôle. L'orage s'arrête et bientôt apparaît au loin TARIAT, mais en Mongolie le terme « au loin » peut signifier beaucoup de kilomètres, je poursuis mais bientôt un deuxième orage, celui-ci plus menaçant, se forme et s'approche. Je stoppe en toute hâte et monte la tente. Cinq minutes plus tard c'est le déluge, la pluie battante arrose la plaine, mais pas moi....La tente aussi est parfaite, pas une seule infiltration, j'avale deux paquets de nouilles chinoises et m'endors tout habillé comme une masse. Vers minuit je me réveille, réorganise un peu la tente, soigne les bobos et m'enfonce cette fois dans le duvet avec 96 kilomètres de plus au compteur.

Compteur jour : 96 kilomètres
Compteur total: 756 kilomètres

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