un voyage en Mongolie - VTT - 2002
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EN ROUTE ...> Avec Luc
vendredi 28 Juin:

Journée sans problème...à voir

Réveil 7h45, je me laisse aller. Je n'ai pas trop bien dormi, il a fait un peu froid et pour arranger les choses mon matelas autogonflant est crevé, si je trouve un décathlon dans le coin j'irai le changer. Peu importe, le ciel est dégagé et la chaleur des rayons du soleil se mélange à la fraîcheur du matin. La vallée est toujours aussi belle et la nuit a passé une couche de vernis frais, tout est satiné. Je déjeune tranquille.

Je démarre vers 9 h00 ; après avoir rejoint la piste, je passe devant un monument bouddhiste, surprenant dans ce bout du monde, il est entouré de clôture certainement pour éviter que les bêtes ne viennent s'y frotter. Je passe devant la yourte où Luc a dormi, c'est assez miséreux et les mongols présents m'informent que Luc est déjà en route. Je pense à cet instant que nous ne nous reverrons plus, il roule plus vite que moi et c'est la première fois qu'il part si tôt, je vois là l'intention ferme de sa part de continuer sans moi. C'est ainsi, je suis partagé entre la déception et le soulagement.

Cette belle vallée minérale se termine, et pour en sortir il faut franchir un col, je suis parti tard et déjà le soleil tape fort, la montée courte mais raide est de plus en plus pentue je pause le pied et pousse le vélo. Le paysage est sublime, des blocs de granit parsèment la pelouse, formant parfois des chaos de roches empilées. Se retourner ! C'est une vue inoubliable sur cette belle et rouge vallée.

Je décide de ressortir le matériel photo et de tenter de prendre quelques clichés. C'est long, les réglages sont compliqués et le maintien d'objectif dans son rail est aléatoire. Finalement après plusieurs tentatives j'arrive à mes fins. Mais je vais longtemps me rappeler de cet endroit sans le savoir, j'y reviendrai ...

Je reprends mon chemin, quelques centaines de mètres plus loin arrivé au col c'est la surprise, Luc est là tout sourire, il déjeune dans l'herbe en compagnie d'un gamin.

Le passage entre les deux vallées est tout bonnement incroyable, c'est un vrai décors de film. Au nord le paysage est sec et rocailleux et au sud verdoyant. Le passage se fait par des blocs de granit polis par le temps. Un troupeau de brebis plus bas au sud constelle la steppe de petites taches blanches. Merde c'est vraiment beau ! Rien que pour ce passage je pourrais revenir ici.

Luc a de plus en plus mal au dos. Nous reprenons notre route en nous engageant sur une descente de 12 kilomètres. Au début la piste est plutôt bonne et facile mais nous retrouvons dans le fond de vallée cette chère et « secouante » tôle ondulée. Nous croisons des vautours en festin et au bout de 40 kilomètres arrivons à BAYANBULAG.
Le village n'est pas bien grand mais possède quand même de quoi se ravitailler. Nous trouvons une cantine dans un vieux bâtiment datant de l'époque russe. Il faut grimper au premier étage pour y accéder. C'est très étrange, les pièces sont vides, pas de meuble, pas d'objets seulement un train de côtelettes de brebis qui sèchent à même le parquet.

Nous attachons les vélos sur la rampe de l'escalier et allons manger. La pièce que nous trouvons grâce à l'odeur de cuisine et composée de deux tables, des chaises dépareillées et des bancs branlants. Quelques mongols se restaurent. La cuisine est dans un petit réduit attenant. Les hommes se poussent pour nous laisser la place. Une vieille cantinière nous prépare des pains de viande, 6 chacun, et nous sert en premier alors que les autres attendent depuis plus longtemps. Nous les mangeons accompagnés d'une thermos de thé brûlant et d'une herbe finement ciselée macérée dans du vinaigre. Pour s'essuyer les mains nous utilisons les pages d'un livres de math en cyrillique (l'aide humanitaire n'est finalement pas inutile).

Une idée du prix: 500 t pour six pains de viande et du thé soit environ 0,50 € ou 3 francs
Après ce bon repas nous retrouvons nos vélos et à l'extérieur du bâtiment je répare mon frein qui à perdu un des patins, l'attroupement commence; questions sans réponse, réponse à coté, les vélos intrigue toujours autant les mongols, en particulier les suspensions et les pneus. Nous hésitons maintenant à prêter nos machines, elles ont souffert et commencent à présenter des signes de fatigue. Les mongols sont un peu bourrins et ils ont vite fait de foncer avec le matériel dans les terrains les plus destroys.

Luc revient des courses, en effet ce village, malgré une apparence délabré est plutôt bien achalandé, hôpital (nous ne sommes pas rentré...donc), temple et quelques boutiques (mais pas de Décathlon pour changer mon matelas).

Nous sympathisons avec les villageois qui maintenant sont une bonne vingtaine autour de nous. Je demande à visiter un bâtiment en chantier. Un groupe de femmes, couvertes de poussières, s'échinent à tout démanteler, parquets, plafonds et murs. Je visite toute la bâtisse, enjambant poutrelles de bois et gravats. Ils me montrent tout et notamment une pièce ou avec fierté ils me déroulent des cartes du monde, de la Mongolie et du secteur. Ils semblent apprécier ma curiosité et m'indiquent grâce à la carte du coin une piste que nous n'avions pas repérée sur les nôtres. Elle plus courte et passe à côté d'un lac.

Ensuite ils nous emmène visiter le " centre culturel" et à notre grande surprise nous découvrons à l'intérieure d'un bâtiment qui ne paye pas de mine, une très belle salle décorée et bien équipée: petites tables, piano, clavier électrique, chaîne stéréo, scène, écran et bar. Tout est propre (rare en Mongolie) et bien rangé. Dans ce bled on peut tout faire, se restaurer, dormir, prier, se soigner, danser, picoler et il n'est même pas signalé dans le guide ??? Certainement trop à l'écart des routes touristiques.

Nous repartons en prenant la piste préconisée par les mongols. 15 kilomètres de montée facile mais vent de face...ha ! ce vent. Nous passons à côté du lac (pas terrible ), nous roulons au GPS, je m'engage sur une piste un peu au hasard sur cette grande plaine, mais au bout d'un moment Luc a un doute, sa présence d'esprit ne nous ferra dévier que de deux kilomètres.

Nous retrouvons la piste à suivre en coupant à travers la steppe. Nous roulons encore quelques kilomètres et stoppons à l'entrée d'une gorge peu étroite, le compteur indique 70 kilomètres pour aujourd'hui.

Encore en fois le coin est surprenant. Sur le côté de la piste nous découvrons des cercles de pierre d'une petite dizaine de mètres de diamètre. Les quatre pôles sont symbolisés par des pierres plus grandes et dressées. La magie du lieu, rendu par la présence de ces anciennes traces humaine et par la sérénité qui y règne est parfaite, nous passons une soirée calme et reposante plongés l'un et l'autre dans l'écriture de nos carnets. Même si je ressens profondément que notre relation s'est un peu dégradée et qu'un peu de distance c'est installée entre nous. Peu importe, s'est ici et maintenant qui compte, et justement ici et maintenant c'est plutôt bonnard.

Compteur jour : 70 kilomètres
Compteur total: 1074 kilomètres

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