un voyage en Mongolie - VTT - 2002
Accueil Mongolie | Récit | Photos | Pratique | Carte | catof@free.f
 
Accueil Mongolie
Récit
Photos
Pratique
Carte
 
NOUVEAU

Mon carnet de voyage en près-commande

en savoir plus
suivre ce lien

 

 

 

Lanzarote
 
RECIT
 
 
EN ROUTE ...> Avec Luc
samedi 29 Juin:

Au début tout allait bien...

Nuit froide mais supportable. Peu de vent au réveil. Nous nous engageons dans la gorge après avoir dormi à l'entrée hier soir. C'est une très belle petite vallée étroite, je flâne appréciant sans mesure le spectacle. Ce soir nous serons dans les contreforts sud du Kanghai et cette sortie par une porte dérobée est des plus agréable.

Nous suivons une piste oubliée qui serpente au gré du lit laissé par le ruisseau, parfois la gorge se resserre, laissant un passage suffisamment étroit pour qu'une jeep soit en difficulté, d'autres fois elle s'ouvre mais jamais en démesure, c'est un espace confiné qui contraste véritablement avec ce que nous avons fait les jours précédents. La piste est caillouteuse et encombrée de blocs mais ces obstacles ne nous obligent pas à descendre des vélos. C'est sauvage à merveille, bref 12 kilomètres de bonheur.

Nous débouchons brusquement dans une immense plaine, pas de doute c'est le sud, plus de massifs ou alors très lointains, la piste est bonne pendant 5 kilomètres mais rapidement les choses se compliquent, la ville, notre objectif, est visible à l'horizon mais encore 30 kilomètres nous séparent d'elle et pour couvrir cette distance nous sommes contraints de suivre une piste complètement en tôles ondulées. Le vent est de face et nous roulons sur un vrai tape-cul, c'est l'horreur, pas un kilomètre de répit. Je fais une pause symbolique au point que je pense marquer mes 1000 kilomètres. Luc me rejoint, pour lui c'est encore pire, son dos sur cette piste le fait souffrir. Mais avons nous le choix ? C'est ainsi. Luc aimerait bien attraper un véhicule pour gagner la ville mais depuis hier nous n'en avons pas vu beaucoup, il faut nous résigner et rouler. Et nous roulons, cherchant désespérément d'autres traces plus roulantes, mais rien faire, à croire que la plaine entière est en tôle ondulée.

J'ai pris un peu d'avance, je ne veux plus m'arrêter et maintenant si je fais une pause, elle ne dure que 5 minutes maximum. Je roule, je roule, la tête dans le guidon vers ce village. Enfin j'y suis, comme tous les autres bleds, l'entrée se fait par une zone de friche industrielle. Je marque un arrêt à l'ombre de la palissade d'une bâtisse en ruine et observe Luc à la jumelle. Lui aussi a stoppé mais il est toujours en galère, petit point isolé dans cet océan de vaguelette.

Je décide de partir à la recherche d'un endroit pour manger, un gamin m'interpelle et m'emmène vers sa maison. Une fois dans la cour je lui explique d'aller à la rencontre de Luc et de l'accompagner jusqu'ici.

Dès son arrivée Luc me rentre dans le lard. Il me reproche de ne pas l'avoir attendu. C'est le monde à l'envers, c'est la première fois que j'arrive le premier et il me le reproche. Nous avons une sérieuse explication devant nos hôtes incrédules, deux crétins en vélo suants et explosés de fatigue qui s'engueulent dans ce coin paumé, ça a quelque chose de stupide, je le reconnais.

Après un bon repas et quelques courses je décide de repartir, Luc, quant à lui, préfère trouver un véhicule pour gagner Altay. Je m'engage sur une grande plaine après avoir traversé un pont jeté sur un canal peu large et bien alimenté en eau, étonnante veine de fraîcheur dans cette platitude. La piste commence par de la tôle ondulée, je commence à me poser des questions sur mon choix, pourtant au bout de quelques kilomètres les choses s'améliorent et je roule plus facilement. Je progresse dix kilomètres et décide de faire une pause à l'abri d'un poteau téléphonique, le vent souffle vraiment fort. Un peu d'ombre fait du bien. Le paysage est vraiment différent maintenant partout où porte le regard c'est le grand plat, la plaine immense, sans relief. Une bonne petite photo pour marquer le coup. En sortant l'appareil je fais une horrible découverte, j'ai perdu mes cartouches mémoire, toutes les photos de la première semaine ?!?!? Je suis vert et furieux. Je gueule comme un âne dans la steppe, hurlant dans le vent. J'ai oublié de fermer le zip de ma pochette et il ne me reste que la boîte de ma cartouche de 16 mégas, au total 3 cartouches de 64 mégas dans la nature (je pense savoir où !). Décidément, l'appareil est en vrac et maintenant plus de photos (il me reste encore une mémoire de 64 mégas heureusement...) ppfffouuuu.....quelle merde.

Je suis tellement furieux contre ma négligence que j'enfourche mon vélo et fonce dans le vent, le soleil tape, la piste est moyenne mais je m'en balance, je suis ivre de rage... La piste est un peu meilleure et maintenant le paysage est plus désertique, quelques chameaux errent à la recherche de nourriture. Au cours d'une pause une petite gerbille s'approche de mon pied et me renifle, je peux même approcher ma main et la toucher. Je roule, le soleil se couche et le paysage est magique, de grandes épaules de rocher de couleur rouge sombre émergent de la plaine. C'est magique. Je décide de planter la tente aux pieds d'un de ces affleurements au risque de voir débouler une bande de Navajos. C'est un peu un rêve d'être là, je suis fracassé mais la vue est géante, la plaine et ces petits massifs roses...Malheureusement ce plaisir est un peu gâché par la perte de mes mémoires photos. Le compteur affiche 80 kilomètres.

Compteur jour : 80 kilomètres
Compteur total: 1154 kilomètres

< Retour   suite >
 
 
Retour à l'accueil général catof@free.f