un voyage en Mongolie - VTT - 2002
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EN ROUTE ...> Avec Luc
dimache 30 Juin:

Altay, la ville la plus à l'ouest de mon parcours...

Je me lève très tôt, le paysage est toujours aussi beau, j'ai disposé la tente pour avoir l'ouverture face à l'est, je ramasse du bois et fais un petit feu, c'est calme....pas de bruit....pas un bruit....le feu commence à crépiter doucement. Le thé est chaud et fume dans la fraîcheur du matin, pas de vent et le soleil se lève dans le silence et la grandeur du paysage. C'est énorme, géant, beau. Comme j'aimerais partager ce moment avec Catherine, mes enfants, mes copains. Le temps s'est arrêté sur la beauté, la majesté du moment. Silence...

C'est beau tout ça mais j'ai encore un peu de route à faire, je voudrais être à Altay en début d'après-midi et j'ai encore 55 bornes à parcourir. La piste commence par une bonne tôles ondulées, bon début ! Je passe entre deux massifs et plonge dans une large vallée, ensuite je trouve une piste parallèle plus roulante et je file dans la plaine. Au fond se dessinent les contreforts du massif sur lequel s'adosse Altay. 20 kilomètres je fais une pause, au loin un minibus stop ! c'est le transport de Luc. Je vais à sa rencontre et nous prenons rendez-vous à Altay.

Si je roule comme cela je devrais arriver comme prévu, il me reste encore 35 kilomètres mais après avoir traversé cette grande plaine je roule maintenant dans une zone de petites collines, la piste ondule en alternant petites côtelettes et descentes rapides. Pas facile et épuisant. Je débouche enfin dans une grande dépression. Le croisement des grandes pistes se devine dans le fond. Je termine mon périple par 4 Km de piste complètement défoncée et 3 kilomètres de bitume pour déboucher enfin sur Altay. Il est 14 h.

Je cherche l'hôtel où Luc et moi nous nous sommes donné rendez-vous. Mais en me fiant au plan du Lonely je ne trouve rien qu'un grand bâtiment fermé ? Trop tôt dans la saison peut être.

Je me rabats sur le deuxième indiqué par le guide "ALTAY HOTEL". J'y trouve une grande chambre de deux pièces et 4 lits, une salle d'eau/wc et l'hôtesse s'empresse de m'allumer la télé pour que je profite d'un match de la coupe du monde (Corée-Turquie). Toilette générale, c'est bon ! voilas au moins 7 jours que je n'ai touché un bout de savon. J'en profite pour donner mes affaires à laver (je paye le prix fort, 5500 t, soit environ 40 francs pour un pantalon, un sweet, deux caleçons et deux paires de chaussettes - la minette qui s'occupe de mes affaires se glisse discrètement 5000 t dans sa poche et en donne 500 à sa patronne, rapide et efficace. Je pars à la recherche de la poste pour essayer de téléphoner, c'est un grand bâtiment. Tous les agents administratifs se ressemblent, à peine aimables, j'arrive quand même à avoir ma communication, la voix de Camillette puis celle de Catherine, une vague d'émotion, de bonheur, de chaleur...

L'éloignement, le contexte, tout prend de l'ampleur et pour moi à cet instant ce coup de téléphone, habituellement si banal, prend une dimension démesurée.

Un passage à l'hôtel pour récupérer ma roue et direction le marché. C'est un classique marché de containers avec les tables de billards qui ne désemplissent pas, il est bien achalandé et on trouve vraiment de tout, je déambule sans but au gré de ma curiosité, flânant d'échoppe en échoppe. Je fini par m'arrêter dans une cantine et me sustente de quelques pains de viande. Je découvre un marchand de cycle et lui demande s'il peut regarder ma roue qui fait un bruit de craquement, mais son matériel n'est pas adapté et je flippe voyant déjà mon roulement tomber dans la poussière. Il force comme une bête, je l'arrête d'urgence dans sa manouvre et remets les choses en place. Je m'arrangerai autrement.

Je retourne à l'hôtel et je retrouve Luc, il a la chambre contiguë à la mienne (une fois de plus nous nous retrouvons). Je suis content de le voir. Nous dînons ensemble dans la boite locale en buvant des bières et nous sommes bientôt rejoint par un américain de 31 ans qui enseigne l'anglais à Altay pour une mission de deux ans. Nous devisons sur la Mongolie, ses habitants, ses coutumes jusqu'à 23 heures et puis dodo.

Compteur jour : 55 kilomètres
Compteur total: 1209 kilomètres 
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