un voyage en Mongolie - VTT - 2002
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Lanzarote
 
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EN ROUTE ...> Avec Luc
mercredi 3 juillet :

coup dur ...

Lever 7h45, il fait déjà chaud et la nuit l'a été aussi, le duvet est resté ouvert toute la nuit et devient presque superficiel. Nous démarrons trop tard. La piste continue à descendre et n'est pas très agréable, nous suivons le lit d'une rivière à sec et parfois c'est très roulant puis d'autres fois les roues s'enfoncent brutalement à travers la couche de sable durci, et rouler devient pénible. Pour rallier la prochaine ville il nous faut parcourir 40 kilomètres. Nous roulons dans le fond de cette grande et large vallée, la piste traverse des zones de bosses de sable couvertes de hautes herbe grasses, c'est très particulier, parfois sur quelques mètres le sable sur la trace est bien tassé et me donne l'impression de rouler sur du marbre, dans ce paysage je ne serais pas surpris de découvrir la mer cachée derrière, ambiance chemin de France en bordure de littoral.

Cette piste est très douce et très rapide, puis brusquement le terrain change, nous traverserons une zone où le sol est tout blanc et très dur, puis craquelé, desséché. C'est particulier, austère et fascinant. Je rejoins Luc qui, le vélo au sol, répare une crevaison au pied d'une étrange construction, un bout de métal entouré de vieux tissus et surmonté d'un crâne de chèvre et c'est à cet endroit que mon support de bidon, fabriqué par mes amis de Sens, décide de céder. L'orbite vide du crâne nous observe d'un regard absent et profond. WWooaaaii ! un peu glauque le coin...

Je fixe mon bidon sur l'arrière, mon porte bidon aura finalement tenu beaucoup plus longtemps que je ne l'espérais, merci les bricoleurs, Michel Deniot et Jean Dugas.

Il reste 20 kilomètres à couvrir et c'est la fournaise. La grande vallée abrite des lacs que nous apercevons dans le lointain, sur notre gauche une grand massif montagneux où persistent encore, malgré les températures élevées, quelques névés en altitude.

Sur la piste c'est maintenant un calvaire, il faut constamment chercher un passage plus roulant, pierrailles, tôle ondulée, c'est vraiment la galère, Nous avons chacun fait un choix différent, Luc suit la piste principale et quant à moi je me suis décidé à m'approcher de la ligne de poteau télégraphique pour trouver quelque chose de mieux. Mais rien à faire, c'est du même acabit.

Pourtant même si la piste est à chier, j'ai beaucoup de mal à rouler, l'impression que quelqu'un me retient par le porte bagage. Un truc déconne !!

Je m'arrête et constate avec horreur que mon frein est bloqué par ma jante littéralement fendue en deux sur une quinzaine de centimètres. De plus une énorme hernie s'est développée, c'est une vraie catastrophe. Je dégonfle en urgence, gardant juste assez de pression pour pouvoir pousser le vélo sans forcer. La situation est vraiment merdique, il fait une chaleur à faire cuire un yack dans le sable, le village ,bien qu'en vue, est encore à 8 kilomètres et Luc est trop loin pour me voir. Donc je pousse et même à pied la piste est chiante. 2 kilomètres avant le village Luc vient à ma rencontre et constate les dégâts, il décide de partir devant en reconnaissance.

Nous nous retrouverons à l'entrée du village, il a découvert une cantine et une échoppe pour le ravitaillement.

je suis exténué et je mange à peine, je décide de trouver un coin pour dormir. La serveuse nous propose une chambre attenante, je m'effondre dans un des lits, le matelas est défoncé mais qu'importe. Luc est resté dans la cantine et mange (petite remarque comment un mec aussi sec et maigre peut-il ingurgiter autant de nourriture ???)

Dans l'après-midi j'émerge et retrouve Luc encore en train de manger (je l'avais dit...), il a profité de mon état comateux pour se faire deux copines... je graille quelques trucs sans appétit.

La serveuse m'entraîne à travers le village, j'ai ma roue à la main et nous cherchons de quoi réparer. Nous atterrissons dans une usine et rapidement une foule se rassemble autour de nous. Chacun y va de son avis. Conclusion la roue en alu est irréparable...

Mon esprit s'égare vers un avion qui décolle et s'envole vers la France. L'instant est sombre ma roue tourne de main en main et moi je ne songe qu'à la faisabilité de mon retour. C'est étrange comme la volonté s'effrite comme mon corps s'effondre, j'ai mal au bide à la tête, les ampoules récoltées durant ma petite marche me lancent... Luc est d'un grand soutient tranquille, il reste impassible, comme s'il savait déjà que j'allais trouver une solution, sans doute l'expérience du voyage et cette façon qu'il a de prendre les choses avec recul et calme. Et il a raison, finalement un gars me propose une pâte qui soude l'alu à froid. Il m'emmène en camion chez lui, à l'autre bout du village et me donne une chignole, quelques vis et boulons et roule. Je perce deux trous dans la jante, de chaque côté de la fente et resserre le tout avec les boulons, je recouvre le tout de pâte. Au moins cela va me permettre de continuer, mais pour combien de temps, maintenant il faudra compter avec cela...

Petite leçon : ne jamais désespérer ...merci Luc. Le mécano me ramène à l'usine et me fait visiter l'usine de, incroyable mais vrai, d'embouteillage de vin, enfin d'après ce qu'ils disent. Mais je vais de surprise en surprise et assis dans le bureau de la directrice, moi qui viens de Bourgogne, je dois déguster le vin, 17° hyper sucré, et aussi...la vodka. Heureusement, ils m'épargne le champagne (et oui) local. Je ressorts de l'usine avec une bouteille en cadeau. Trop sympa (je l'ai traîné pendant tout le voyage, luttant contre Luc qui voulait la boire).

Je retrouve Luc au Ghanz, en train de picoler en compagnie de ses copines et d'un garçon mongol. Je les quitte rapidement pour aller me coucher, le moral remonte et je veux être en forme demain. Quelle journée, de nouveaux amis et 42 kilomètres au compteur.

Compteur jour : 42 kilomètres
Compteur total: 1321 kilomètres 
 
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