un voyage en Mongolie - VTT - 2002
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Lanzarote
 
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EN ROUTE ...> Avec Luc
jeudi 4 juillet :

Perdu de vue...

Nuit moyenne. Les lits sont vraiment défoncés, ce qui n'aide pas à la récupération. Je me lève vers 6h45, il fait doux, temps idéal pour rouler, j'ai un peu récupéré et j'aimerais bien partir au plus tôt pour ne pas subir trop vite la chaleur du jour. Luc, hier soir, m'a annoncé qu'il voulait poursuivre avec moi encore quelques jours, mais il dort encore.

J'ai rendez-vous avec mon mécano de la veille vers 9h pour prendre des photos. J'ai donc un peu de temps. Je fais ouvrir un magasin pour compléter mes vivres, déjeune au "resto" et m'assure le plein d'eau dans le bidon de la cuisine. Nous décidons avec Luc que je parte devant, je ne suis pas en forme et comme il n'a pas d'eau il quittera les lieux plus tard et il finira bien par me rattraper.

Je retrouve le bricoleur de la veille chez lui, sa maison est plutôt coquette et riche pour le coin, toute la famille est là, il m'offre du thé et des bonbons, me montre des photos prises il y quelques années avec un chasseur de papillon (américain de mémoire).

Il veut prendre une photo avec moi et devant son camion, son frère commence à viser avec mon appareil chinois, mais n'arrivant pas à déclencher il décide d'ouvrir le magasin, badaboum, et bien voilà je me trimbale maintenant avec une belle série de photos voilées, décidément....la photo et moi c'est une histoire sans fin.

Je quitte mes hôtes, confiant, revigoré, la roue a supporté 2,5 bars de pression et semble bien se comporter. Je roule sur une piste un peu tôlée et je ne vais pas trop vite, évitant un maximum les trous trop profonds et les zones trop défoncées, qui veut aller plus loin ménage sa roue.

Je roule dans une grande vallée sèche et caillouteuse, au 17 ème kilomètre j'aperçois un groupe d'arbres sur l'horizon, je décide de quitter la piste principale pour les atteindre et m'y reposer. Il fait déjà très chaud et je commence à ressentir mes déboires de la veille. Mes efforts sont récompensés, ruisseau d'eau fraîche et abondante, ombre et calme. Je fais une petite toilette dans cette eau fraîche et organise mon campement, il est 12h30 et je compte rester ici jusqu'à 17h00 afin d'éviter de rouler sous le soleil.

Rapidement j'ai de la visite, c'est un peu inévitable, d'abord un groupe de femme et ensuite un peu plus tard un couple de jeunes. J'offre des gâteaux et bonbons, eux des pommes pas mûres, bonjour la future chiasse déjà que je ne suis pas brillant, mais j'ai trop envie de manger des fruits. Maintenant il fait vraiment très chaud et je ne compte vraiment pas bouger tout suite et pourtant ils sont là à me regarder glander, ils feraient mieux d'aller batifoler dans les taillis ces nigauds.

17h30, le ciel se couvre, je décide de partir, je pique plein sud en suivant le canal d'eau de 3 mètres de large qui vient des montagnes. Mais j'ai été trop présomptueux, c'est un calvaire, je suis complètement claqué, je n'avance pas mes jambes sont lourdes. Luc n'a pas du suivre cette piste. Je suis complètement à la masse et mon obstination à suivre le ruisseau m'a fait piqué très sud et maintenant je louvoie dans la vallée à la recherche d'une piste plus large. 10 kilomètres plus loin je suis sur les rotules et malgré le vent favorable qui me pousse, je pose mon vélo et m'allonge sur le sol et pionce. 3/4 heures plus tard, je me remets en selle, je veux atteindre une autre zone d'arbre au pied de la montagne. J'y suis, 5 kilomètres difficile, c'est nul !!! j'aurais du rester une journée dans le village et me reposer. Je trouve une place à côté du ruisseau mais à peine ai-je commencé à déballer qu'une moto s'approche, ils sont deux et insistent pour que j'aille m'installer à coté de leur yourte. Je suis crevé et un peu sur mes gardes.

Ok, et hop encore deux bornes de plus et j'en ai ma claque, et oui j'en suis là.

Une fois de plus ma réticence est mal placée, c'est un groupe de trois yourtes, tout le monde est dehors et m'accueille chaleureusement, ils poussent mon vélo, m'indiquent le meilleur coin pour m'installer, m'aident à déballer, montent ma tente. La soirée est pleine de regards curieux, de questions, mes objets disparaissent et reviennent après être passé entre toutes les mains, ils ont tout observés, retournés, commentés. Jusqu'a 23h30 j'ai de la compagnie, nous partageons un peu de mon repas et j'offre quelques présents mais ce n'est rien à coté de cette chaleur qu'ils me procurent, de cette générosité simple, de cette curiosité à mon égard. Le plus âgé m'offre un épinglette qu'il a gagné en faisant une épreuve à Altay... (en récompense de mon effort, de retour en France, certains m'offriront avec la même générosité toute leur indifférence, même les plus proches...). Que de moments riches, émouvants, et que de leçons.

Compteur jour : 37 kilomètres
Compteur total: 1358 kilomètres 
 
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